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Finances - Canal : qui peut le Plus peut le Moins

Canal : qui peut le Plus peut le Moins

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Finances - Canal : qui peut le Plus peut le Moins

[ Finances - Vendredi 11 Août 2006 - 22h45 ]

Le PSG a été mis en examen en tant que personne morale le 31 mai dernier dans l'affaire Nike (un dossier annexe de l'enquête sur les transferts du club de 1998 à 2003), instruite depuis janvier 2005 par les juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset.

Après avoir ciblé leurs investigations sur le volet Nike, les magistrats envisagent désormais de creuser seize transferts de joueurs jugés douteux. Pour cela, ils ont obtenu du parquet de Paris un réquisitoire le 7 juillet dernier pour « faux et usage de faux, travail dissimulé et exercice de la profession d'agent sans licence ». A la rentrée, les magistrats devraient entendre des dirigeants de Canal +, ancien actionnaire du PSG. Depuis le début de cette affaire, ces derniers ont été plusieurs fois visés par des accusations. Au point d'apparaître aujourd'hui en première ligne. Malgré leurs dénégations répétées, plusieurs éléments donnent à penser qu'ils étaient au courant des pratiques frauduleuses au PSG.

L'audit qui trahit Canal +
Les policiers se sont procuré un audit sur le PSG, réalisé en juin 2003 par Vivendi Universal (VU). Rédigé par Arianne Cessenat, aujourd'hui à la direction financière du PSG qu'elle doit quitter en septembre, cet ouvrage a été adressé, entre autres, à Jean-René Fourtou, l'ancien grand patron de VU, à Jean-Baptiste Levy, l'actuel président, mais aussi à Bertrand Méheut, PDG du groupe Canal +, à Eric Pradon, ex-directeur financier de Canal +, et à Francis Graille. Ce document détaillait certaines des pratiques visées aujourd'hui par la justice. On peut y lire qu'il n'existait « aucune matérialité sur les contrats de prestations des agents de joueurs » et, plus loin, qu'il y a un « risque fiscal lié à la non-formalisation des prestations fournies ». Devant la police, Vincent Vallejo, vice-président audit Europe et Asie de VU, évoque le cas Jay-Jay Okocha. « Pour son transfert, on a compris que l'argent partait au Nigeria et qu'il lui était ensuite reversé. A l'époque (NDLR : de l'audit) on n'avait pas compris mais on avait mis cela en exergue car le transfert semblait douteux », reconnaît le haut dirigeant de la maison mère de Canal +. Si l'audit est si explicite, pourquoi Canal + et même Vivendi Universal n'ont-ils rien fait ?

Des procès-verbaux accablants
"Je m'étonne que Canal + ait dénoncé à la justice des activités qui étaient organisées et financées par elle-même", assène, sur procès-verbal, le 16 mai 2005, Jérôme Valcke, ancien directeur général adjoint chez Sportfive, aujourd'hui à la FIFA. Il poursuit  "avec Sport + (filiale de Canal +), le PSG payait 60 % officiels et 40 % en droit d'image les joueurs Anelka, Luccin ou Okocha. Il s'agit d'un moyen pour le PSG de minorer ses charges fiscales et sociales". Francis Graille, mis en examen dans le volet Nike, confirme en février 2006, devant la Division Nationale des Investigations Dinancières "il existait un conseil stratégique avec Pradon, Denisot, Méheut, moi-même et Kaehlin (NDLR : ancien directeur de la sécurité) où on discutait des problèmes liés au PSG". Eric Pradon, qui n'a pas souhaité nous répondre, est aussi mis en cause par Pierre Frelot, ancien directeur général en charge des finances et de l'administration du PSG jusqu'à l'automne 2003 : le montage pour Jay-Jay Okocha avait été "validé auprès de Canal +, auprès de Fabrice Faux, l'adjoint de Pradon". Même Laurent Perpère, ancien président délégué du club et haut dirigeant de Canal +, y va de sa déposition contre Canal +. "Le fonctionnement de la relation PSG-Nike est connu du conseil d'administration (du club), notamment de Canal +, de par sa présence à ce conseil. [...] Pierre Lescure était au courant des joueurs que le PSG recrutait, il faisait lui-même des suggestions", annonce-t-il le 5 juin 2006 aux enquêteurs. 

De la prison avec sursis et des amendes?
Dans cette affaire, les responsables de Canal + pourraient connaître le même sort que Robert Louis-Dreyfus dans le procès des comptes (1997-1999) de l'OM, qui a été lourdement sanctionné au printemps. Un avocat, habitué du football, détaille "techniquement, si les magistrats mettent en évidence un système institutionnalisé et connu de l'actionnaire pour éviter de payer les cotisations sociales et fiscales, les sanctions seront très lourdes : de fortes amendes et de la prison avec sursis". Contactées, la chaîne et sa maison mère n'ont pas voulu s'expliquer. "Le PSG était une filiale d'une filiale, nous n'étions pas au courant de ce qui s'y pratiquait", confie-t-on à VU. "Pas de commentaires", nous a rétorqué Canal +, qui pourrait, bientôt, être mis en examen en tant que personne morale.

Auteur : yom - Imprimer - Envoyer
 

   

 

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