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Walter Butler : "Je ne regrette rien, au contraire"
Interviews - Walter Butler : "Je ne regrette rien, au contraire"
[ Interviews - Vendredi 25 Mai 2007 - 09h52 ]
Comme les deux autres actionnaires, il a été assez discret depuis leur prise de contrôle du club l'été dernier. Mais en évoquant la saison écoulée, dans une interview donnée au Parisien, Walter Butler reste optimiste et ambitieux pour l'avenir.
Comment avez-vous vécu cette saison ?
Walter Butler. C’est une année éprouvante. Ce n’est pas le scénario qui était envisagé avec le deuxième budget de France et le premier investissement net sur le marché des transferts en comptant le mercato d’été et d’hiver. On est déçus, ce n’est rien de le dire.
Avez-vous quand même observé des points positifs ?
Oui. Le club est toujours resté soudé même dans les moments les plus difficiles, à l’image de l’équipe à qui il faut rendre hommage, des salariés, des dirigeants et des actionnaires. Notre trio, en tenant compte de sa diversité, a toujours été présent. Les supporters ont également été extraordinaires tout au long de l’année.
Vous êtes-vous demande un jour : « Mais dans quelle galère je me suis mis » ?
Non. Je ne regrette rien, au contraire. Je préfère avoir démarré par une année difficile. Comme me le disait un autre actionnaire, on a vécu une formation accélérée ! Très accélérée même ! Il faut en tirer les leçons.
Lesquelles ?
On se demande s’il n’y a pas une malédiction sur le PSG ces dernières années. Quand on regarde les pertes et l’investissement sur dix ans, les sommes sont extrêmement importantes. Pourtant, les résultats ne sont pas bons. L’aléa du sport existe sur un match, sur dix c’est un peu moins le cas, sur une saison beaucoup moins et sur dix ans… Le modèle a donc montré ses limites. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons investi : changer ce modèle. En France, le PSG et l’OM ont agi ainsi. Ces deux grands clubs constatent que leur stratégie n’a pas été bonne. Nous sommes partisans d’une rupture assez forte.
C’est-à-dire ?
Il faut recentrer le club, comme Paul Le Guen en a la volonté, sur un projet sportif. On voit bien que Lyon s’est redressé au départ par un projet sportif fondé sur l’équilibre financier. Cela ne veut pas dire qu’il faut réduire les coûts partout mais investir dans la formation et disposer d’un budget qui restera important.
N’avez-vous pas déjà perdu une année ?
Le club a été plus en mode réactif qu’offensif. Sans avoir le choix parce que l’équipe a commencé par de mauvais résultats. J’aime beaucoup cette phrase de Saint-Exupéry : « La victoire endort un peuple. La défaite en réveille un autre. » Je ne suis pas optimiste de nature mais je suis sûr que le club va en tirer plus de force pour le futur.
Le président Alain Cayzac vous a-t-il paru tout au long de la saison l’homme de la situation ?
Je ne le connaissais pas. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément. Il a eu à résoudre, en une année, un concentré de problèmes énormes. Il a fait de son mieux et je trouve qu’il a bien fait. Je suis pour la pluralité des idées et des personnalités. A un moment, il y a eu quelques tensions liées aux hypothèses de travail en cas de descente en Ligue 2. Ce n’était pas celles que j’attendais. Les tensions ont duré deux semaines et se sont réglées par une discussion d’homme à homme. Aujourd’hui, il n’y a plus de sujet.
Expliquez-nous comment fonctionne le club, entre les actionnaires, le président et l’entraîneur
Il existe beaucoup de clubs où les actionnaires se mêlent de tout. Au PSG, c’est un modèle de séparation des pouvoirs. Il y a quinze jours, l’entraîneur Paul Le Guen a émis le souhait d’avoir un rôle plus important en supervisant l’ensemble du projet sportif, sous l’autorité du président. On est tout à fait d’accord. Les actionnaires n’ont pas à interférer dans la gestion sportive. Cela ne veut pas dire que l’on ne s’y intéresse pas. Nous sommes des légitimistes. Nous avons approuvé le projet sportif sans réserve. Le pouvoir sportif d’un entraîneur ne se partage pas.
Faut-il un actionnaire de référence, majoritaire, au PSG ?
Quand la Banque Lazard nous a contactés au début de la vente, on leur a dit non car nous ne voulions pas être le seul actionnaire. Quand on nous a recontactés au dernier moment, nous sommes entrés dans un projet à trois. Le club n’a pas eu à se plaindre de ses trois actionnaires et les trois n’ont pas à se plaindre les uns des autres. A l’heure du bilan et du projet pour la saison prochaine, nous sommes d’accord et nous restons soudés pour financer les pertes et le développement. Notre pacte d’actionnaires est clair : aucun ne peut prendre le contrôle sans l’assentiment des deux autres. De toute façon, il n’en a jamais été question même si chacun des trois actionnaires en a les moyens. Le PSG ne représente d’ailleurs que 1 % de nos actifs. Ne cherchons pas à opposer les actionnaires. Nous sommes là et nous nous entendons bien.
Vous insistez souvent sur le centre de formation. Pourquoi ?
Il faut beaucoup investir dedans. C’est une priorité que se sont fixée Paul Le Guen et Alain Cayzac. Il est très important que des jeunes issus du centre de formation jouent au PSG et puissent un jour intégrer l’équipe de France. Ce serait un très grand succès. Paul Le Guen est en train de mener une réorganisation de ce centre de formation pour le développer. Nous en assumerons les conséquences financières.
Pourquoi avez-vous choisi de vous impliquer dans le football ?
Avant d’entrer au PSG, nous réfléchissions à nous engager dans un club. Le football en France est dans une spirale vertueuse depuis plusieurs années. Les comptes cumulés de la L 1 montrent que les clubs sont devenus profitables. Grâce à l’augmentation des droits TV et à la maîtrise de la masse salariale, la balance commerciale des transferts est excédentaire. L’organisation du football français est donc bonne—ce n’est pas le cas en Angleterre ou en Espagne—, grâce au travail de Frédéric Thiriez à la Ligue. En France, le projet sportif inclut l’équilibre financier. C’est un bon modèle pour le PSG.
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