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Interviews - Edouard Cissé :

Edouard Cissé : "on était tous fautifs"

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Interviews - Edouard Cissé : "on était tous fautifs"

[ Interviews - Jeudi 31 Mai 2007 - 13h18 ]

Dans une interviex en 2 parties accordée à Football 365, le milieu de terrain parisien revient sur la saison écoulée. Voici, la 1ère partie.

Edouard Cissé, en début de saison dernière, vous nous aviez déclaré lors du stage à Dinard que le groupe était « sérieux ». Au vu de la saison qui s’est écoulée, est-ce encore votre avis ?

Ce groupe était sérieux et surtout sain. C’était très harmonieux. Tout le monde tirait dans le même sens et avait le même état d’esprit. C’est pour cela que même avec cette saison compliquée, on a réussi à s’en sortir sur la fin. Ce n’était pas évident. Il n’y avait pas de clan et tout le monde a pris conscience de la situation délicate. Tout le monde a mis de coté son ego et ses exigences personnelles pour se fondre dans le collectif et pour assurer la survie du club. Le groupe aurait pu imploser et cela ne s’est jamais passé.

Vous déclariez aussi lors de cet entretien qu’il s’était passé quelque chose après la victoire en Coupe de France face à Marseille (2-1). Pourtant, la belle mécanique a semblé s’enrayer dès le début du championnat…

On a fini en remportant la Coupe de France. On aurait dû continuer sur cette lancée. Pendant le stage, on était sur cette dynamique. Mais après, il y a quelque chose qui s’est cassé et qui s’est détérioré au fil des mois pour arriver à un constat d’échec en janvier.

Où situez-vous la cassure ? Dès le premier match contre Lorient perdu au Parc des Princes (3-2) ?

Non, ce n’est pas au premier match. Il en reste 37 derrière quand même. Tu ne peux pas hypothéquer toute une saison sur un match, surtout le premier. Ce n’est pas ça. Chez nous, face à un promu, c’est toujours facile de critiquer. Mais je me souviens de ce match : on n’avait pas vraiment été mis en danger. On a payé cash deux erreurs d’inattention et après, ils marquent un but extraordinaire. Mais dans le jeu, on a vraiment eu l’impression de perdre ce match et pas que Lorient l’avait gagné. Il y a eu ensuite une succession de petits problèmes qui ont fait qu’au fur et à mesure, on s’est éloigné de ce qu’on voulait. C'est-à-dire une continuité après la victoire en Coupe de France. Arrivé un moment, c’est devenu compliqué sportivement mais aussi humainement.

Sur un autre sujet, lors du stage de Dinard toujours, vous nous aviez déclaré que le recrutement avait été bon. Est-ce toujours votre avis ?

David Hellebuyck sortait de plusieurs bonnes saisons avec Saint-Etienne, Sammy Traoré pareil avec Nice. Quant à Pierre-Alain Frau, il a été champion de France avec Lyon et international. Tu ne peux pas dire que ce sont des mauvais joueurs. Après, Paris est un club particulier. Le temps d’adaptation n’est peut-être pas le même qu’ailleurs. Les exigences sont totalement différentes. Certains ont eu des déboires, comme la suspension de PAF pendant deux mois. Ce n’est pas évident.

Avec le recul, Guy Lacombe était-il l’homme de la situation ?

Il a dit quelque part qu’il n’était peut-être pas la bonne personne au bon moment pour Paris. Ce que je peux dire, c’est qu’il a fait des choses bien pour le groupe et d’autres moins bien. Comme tout le monde. Il s’est trompé à deux ou trois reprises. Mais dans cette situation, on était tous fautifs.

Ses méthodes d’entraînement ont-elles pesé ?

C’était très tactique à la fin parfois. Ça devenait pénible de faire deux heures de tactique et de changer constamment de schéma. Vers la fin, c’était beaucoup plus pénalisant je pense. On avait besoin à un moment donné de repères et d’automatismes qu’on n’a jamais eu vraiment l’occasion de trouver.

Vous a-t-il expliqué pourquoi il agissait de la sorte ?

Il pensait que c’était la meilleure des choses. Il voulait s’adapter à l’adversaire. A chaque fois, il bossait beaucoup sur les forces et les faiblesses de l’équipe adverse. Parfois un peu trop et il ne s’est peut-être pas rendu compte des « forces » qu’il avait déjà dans sa propre équipe. Avoir deux ou trois systèmes de jeu, c’est bien. Mais là, on changeait à chaque fois.

Guy Lacombe vous a également fait joué latéral droit et a même déclaré un temps qu’il vous voyait bien en défense centrale plus tard. Comment avez-vous vécu cette période ?

Sur le coup, j’ai pallié l’absence de Bernard Mendy. J’étais OK. Bernard est revenu mais je suis resté latéral. Après… (Il souffle). Cela a été un peu plus compliqué. J’ai eu l’impression qu’il parlait en mon nom sans me demander mon avis. Je voyais des choses dans la presse alors que j’étais le principal intéressé. J’avais même l’impression qu’on voulait refaire ma carrière. D’un autre côté, il a été formateur donc il sait voir les qualités et les défauts de chacun. Il veut lancer des défis mais à 28-29 ans, c’est très difficile de s’inventer un nouveau rôle. Mais par exemple, il y a eu une vraie différence avec Vahid Halilhodzic. Avec Vahid il n’y a jamais vraiment eu de bonne relation entre nous, c’était vraiment professionnel. Luis Fernandez et Guy Lacombe m’appréciaient. Mais à partir d’un moment,  j’ai un peu de caractère et je dis les choses. Il y a des fois où je ne suis pas d’accord avec eux et je leur dis.

Sauf que ce ne sont pas des personnages enclins à ce qu’on leur tienne tête…

Mais quand tu es dans un club comme Paris, tu as des joueurs expérimentés. Je ne veux pas jouer de ça mais j’ai quand même 29 ans et 300 matchs environ en Ligue 1. Je leur ai dit en privé en tant qu’ancien du club. Je parle à chaque fois pour le bien du groupe. Je dis les choses parce que je veux que ma relation avec un entraîneur soit franche et claire. Mais ce sont toujours les coachs qui décident. Aussi bien Luis que Guy, on ne peut pas leur reprocher de ne pas bosser et de ne pas aimer leurs joueurs. Ils les aiment peut-être trop d’ailleurs. Ce sont des relations paternelles qu’ils entretiennent parfois avec certains. Mais parfois, les relations père-fils vont au clash.

Cela peut plus facilement fonctionner peut-être avec les jeunes comme Chantome ou Mulumbu

Si au début de ma carrière pro on m’avait mis titulaire, tu fermes ta bouche. Après, tu poses des questions. Je n’ai jamais refusé de jouer à droite. Après, quand on a voulu m’installer et m’inventer une autre carrière, c’est un peu plus compliqué.

Maintenant, avec Paul Le Guen, vous avez l’avantage de déjà savoir comment il fonctionne…

Oui, même si tu ne sais jamais vraiment. Même son staff parfois se demande. Mais il est un peu comme moi, ce n’est pas un gros bavard. Maintenant, je fonctionne au signe. Il m’a donné le brassard à un moment donné. C’est une marque de confiance. Mais il ne donne pas de passe-droit pour la saison prochaine. Il y a de la concurrence. C’est ce qui doit se passer dans un vrai groupe. Il a commencé avec Pedro (ndlr : Pauleta).

C’est le même homme que vous avez connu en tant qu’entraîneur à Rennes ou en tant que joueur au PSG ?

Déjà en tant que joueur, il avait ce côté charismatique. Parfois, je lui parlais mais j’avais plus l’impression de m’adresser à un coach qu’à un de mes coéquipiers. Il est droit et intègre. En plus là, il revient fort de trois titres de champion de France en tant que coach. Il sait que sa méthode fonctionne. Il a géré quasiment un groupe d’internationaux pendant trois ans. Il a également été capitaine de ce club et il le connaît. Il a joué dans une grosse équipe de Paris. Peut-être la plus belle qui ait existé.

 

   

 

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