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"Un écusson qui représente beaucoup pour moi"

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Interviews - "Un écusson qui représente beaucoup pour moi"

[ Interviews - Mardi 17 Juillet 2007 - 19h47 ]

Il a pensé à partir mais finalement il est reparti pour sa 7eme saison au PSG. Sans doute une nouvelle saison blanche dans l'ombre de Landreau. Frustré mais pas abattu. Ce n'est pas le genre du fils de l'ancien adjoint de Luis. Bien au contraire...


Jérôme Alonzo, pourquoi avoir choisi de rester au PSG ?
Tout simplement parce qu’on ne sait pas si l’herbe sera plus verte ailleurs. J’ai les enfants de ma fiancée qui sont scolarisés à Paris et puis, j’ai des liens très forts avec le club et tout le staff. J’ai eu des propositions, essentiellement de Ligue 2 évidemment puisqu’après un an sans jouer, je ne pouvais pas non plus m’attendre à ce que Bordeaux ou Lens m’appelle. Mon père, que je consulte systématiquement, m’a un peu refroidi sur une piste pour laquelle j’étais plutôt motivé. Il sera temps de voir en juin prochain. Si je ne continue pas l’aventure ici, je n’aurai pas de mal à trouver une L2 ou quelque chose qui m’amuse. Mais je me suis dit que je restais encore cette année, à moins d’un coup de théâtre et d’une offre anglaise ou italienne dans les dernières semaines.

Vous êtes vous posé la question d’un possible départ ?
Bien sûr, la question s’est posée mais davantage en terme de compétition puisque j’ai les jambes qui frétillent. Mais surtout pas en termes de désamour du club. J’ai 34 ans mais je suis encore un jeune joueur dans ma tête.

L’arrivée de Landreau la saison dernière a-t-elle changé quelque chose ?
Elle a surtout changé le fait qu’il n’y a plus du tout de rotation. J’ai dû prendre ça en compte. Mais c’est le football et dans cette configuration, j’y trouve un certain équilibre. L’an dernier, je n’ai pas joué mais j’ai quand même fait cinquante bancs sans aucune blessure et c’est la première fois que ça m’arrive depuis que je suis au PSG. Ça veut aussi dire que j’ai trouvé un équilibre et une vie qui me convenaient.

Pour un compétiteur comme vous, comment vit-on cette situation ?
Ça boue fort, c’est sûr. Surtout quand on sait que Landreau ne se blesse jamais donc ma chance de jouer est minime. J’ai vu Paul Le Guen une seule fois la saison dernière et il m’a annoncé que je ne jouerai pas la Coupe. Il a fait un choix et je ne suis pas du genre à aller dans le bureau de l’entraîneur pour essayer de le convaincre. Mon père est entraîneur et je sais qu’il déteste que les joueurs viennent constamment demander des explications. D’un autre côté, je pense qu’il est content de mon travail sinon il m’aurait demandé de partir. Pour moi, ce qui est certain, c’est que je partirais du PSG comme j’y suis arrivé, c'est-à-dire discrètement par la petite porte. Et ça m’ira très bien. Je sais que je peux encore faire le bonheur d’une équipe mais dans un an probablement. Jusque-là, je continuerai à jouer mon rôle.

Comment avez-vous fait pour tenir le coup ?
Au début, je l’ai vraiment mal vécu mais à ce moment-là, c’est surtout le soutien populaire qui vous fait tenir. Tous les jours, je rencontrais des gens à Paris, à Marseille, à Nice, à Saint-Étienne, qui avaient de la peine pour moi et qui me soutenaient.

Comment considérez-vous votre rôle maintenant ?
Je suis revenu à des bases très simples. Ce qui me plaît, c’est de faire des arrêts aux entraînements comme quand j’étais petit à l’école, tout en sachant que demain, je peux être amené à jouer. Et peut-être qu’inconsciemment, je me fais une préparation géante pour mon dernier défi puisque pour moi, je peux jouer encore trois ans.

Est-ce que ça ne devient pas difficile de se motiver ?
J’ai encore vraiment la tête au Paris Saint Germain parce qu’on le veuille ou non, j’ai un statut d’ancien et une certaine légitimité. Dans le vestiaire parisien, j’ai tout de même mon importance. Et puis, j’ai un écusson qui représente encore quelque chose pour moi donc je ne pense même pas à me laisser aller. Les jours de match, c’est sûr que les journées sont longues mais je reste fier et je ne me plains pas parce que le devoir d’un pro, c’est aussi de l’accepter.

Et après cette dernière année de contrat ?
Après, on va voir. A priori, je devrai partir. Mais si en janvier tout va bien et que le club me fait savoir clairement qu’il veut me garder car je suis la meilleure doublure possible, dans ce cas, on peut tout envisager. Aujourd’hui, on en est là et peut être qu’en janvier, je partirai, peut-être que je resterai encore deux ans… Juin prochain, c’est encore très loin.

Après avoir assuré avec succès l’intérim de Lionel Letizi, comment gère-t-on le retour sur le banc ?
Je suis un amoureux du football et du PSG mais dieu merci, avec mon golf, mon poker, ma famille, j’ai d’autres centres d’intérêts. Et à ce moment-là, j’ai su rester debout. En début d’année, quand Mickaël Landreau est arrivé, j’ai un peu disparu dans l’anonymat et c’est ça qui m’a maintenu la tête hors de l’eau alors qu’à ce moment-là, j’étais vraiment relégué au rang de ramasseur de balle.


Au niveau des supporters, quelque chose a changé ?
Dans la rue ou au Parc, depuis la première heure, c’est une histoire d’amour. Et ça aussi ça a pesé dans la balance.

Physiquement, comment vous sentez-vous ?
Au footing de lundi, j’ai terminé dernier mais en faisant quatre minutes de mieux qu’il y a trois semaines donc c’est tout de même une victoire. J’ai 34 ans, je suis gardien et puis devant, on a des mobylettes. Avec Lionel, on était les deux papys derrière à notre rythme et avec cette préparation, on me pousse un peu plus haut dans les tours. Mais je le fais pour moi, sans rechigner parce que j’ai envie de rester digne et que je suis bien payé pour ça. Et si à l’avenir je devais retrouver un club, espagnol ou anglais, ils seront agréablement surpris.

Y a-t-il un changement dans cette avant-saison ?
Globalement, j’ai apprécié toutes les préparations. Mais celle-là a quelque chose en plus : le fait qu’on ne parle pas de nous. Et ça, j’apprécie beaucoup. C’est vrai qu’il ne se passe rien de spécial mais le groupe en l’état doit finir dans les cinq premiers. Donc ce n’est pas comme si on ne faisait même plus partie des outsiders. Il y a quand même Rothen, Pauleta, Frau ou Luyindula et ce sont des mecs que l’on s’arrachait il y a juste deux ans. Peut-être qu’il y aura encore un ou deux renforts mais cette équipe est vraiment compétitive et se connaît très bien. Par ailleurs, Didier Digard est un très bon joueur.

Que pensez-vous de l’arrivée des jeunes dans le groupe pro ?
C’est une génération qui mijote depuis deux ou trois ans ensemble et depuis que je suis là, c’est de loin la meilleure génération de jeunes que j’ai vue. En plus, ils sont très polis et très pros. Ce sont des gamins bien élevés et s’ils ont besoin d’aide, je suis là, même si je me suis un peu mis à l’écart de ce genre de statut. Pourtant aujourd’hui, avec Bernard Mendy, je suis le plus vieux au club. Mais je ne veux pas avoir ce rôle de patriarche. Je ne veux pas m’imposer comme un guide.

 

source : football365.fr

 

   

 

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