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Portrait - A quoi joue Bazin ?

A quoi joue Bazin ?

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Portrait - A quoi joue Bazin ?

[ Portrait - Vendredi 23 Mai 2008 - 21h41 ]

Deux ans après le départ de Canal + et la reprise du club par Colony Capital, le constat est dramatique. Et tout indique que ca ne va pas s’arranger…

Décidemment, certaines leçons sont dures à retenir. Pour la deuxième année consécutive, le Paris Saint-Germain vient d’éviter de peu la relégation, se sauvant in extremis lors de l’ultime journée grâce à une victoire à Sochaux (2-1). Deux années psychologiquement usantes pour tous. Une situation indigne et anormale pour un club qui devrait jouer le haut de tableau chaque année.  Cette nouvelle situation, le PSG la doit à la politique de son actionnaire principal, Colony Capital, devenu copropriétaire du club depuis … 2ans !

En-effet, l’arrivée du fond de pension américain en avril 2006, après avoir racheté le club à Canal +, a vu le début d’une nouvelle ère pour le club francilien, de par une stratégie totalement différente de celle de la chaîne cryptée. Fini les transferts paillettes, le recrutement de « stars », désormais la nouvelle orientation est claire : l’objectif est de réaliser une plus-value à tous les niveaux afin de redonner une valeur marchande importante au club, dans le but de le revendre d’ici 5-6 ans au double (au moins) de son prix d’achat.
Colony arrive donc avec Walter Buttler et Morgan Stanley, mais très vite, un homme se détache et semble s’imposer comme LE nouveau boss du PSG : Sébastien Bazin, Président Europe de Colony Capital.

Il faut savoir que Colony est un spécialiste de ce genre d’activités : le rachat d’entreprises au bord de la faillite, à coût minime, afin d’y appliquer une stratégie draconienne au niveau des dépenses, un développement de leurs structures immobilières et marketings, et d’opérer une revente en dégageant des bénéfices par rapport à l’investissement total.

Bazin va donc s’occuper du Parc des Princes et de ses environs, ainsi que du marketing, et il laisse le secteur sportif à Alain Cayzac, un homme qu’il a mit en place à son arrivée en guise de gage vis-à-vis de la Mairie de Paris, décideur au moment de la revente du club par Canal +. Or Cayzac est un « historique » du Paris Saint-Germain, et un proche de Bertrand Delanoë, le Maire de Paris.

A la demande de Bazin, Cayzac laisse l’entraîneur en place, Guy Lacombe, lequel est également décideur du recrutement. Car Lacombe n’étant pas du genre à recruter des stars, catégorie de personne qu’il apprécie peu (rappelez-vous les clashs avec Kalou, Rothen et surtout Dhorasso), il s’inscrit dans la volonté de Sébastien Bazin : dépenser peu concernant l’achat de joueurs.

La politique est d’ailleurs la suivante : recruter des joueurs à faible coût sur le marché, afin de les revendre plus cher par la suite, et promouvoir des jeunes joueurs au club. Sur le fond, la méthode est bonne, si l’on prend l’exemple de Lyon ; il suffit de voir la plus-value réalisée par Jean-Michel Aulas sur des joueurs comme Essien, Malouda et Diarra par exemple, tous achetés pour des sommes dérisoires et revendus plusieurs dizaines de millions d’euros.

Mais à Paris, les choses ont été mal faites : les joueurs recrutés par Lacombe s’appellent alors Sammy Traoré, David Hellebuyck, Pierre-Alain Frau, Amara Diané… De tous, seul Diané s’avèrera capable d’apporter des bénéfices à la revente au club (et encore il n’est pas parti…).

Inévitablement, sportivement, Paris n’y arrive pas : on ne fait pas une équipe de chevaux de course avec des bourrins…

Le premier à faire les frais de ce marasme sportif est Guy Lacombe. Il est remplacé par Paul Le Guen, qui souhaite lui aussi avoir la mainmise sur le recrutement. Les nouveaux noms sont les suivants : Luyindula, Clément, Ceara, Bourillon, Souza et Everton.
Même stratégie, même bilan : Paris coule et joue une nouvelle fois le maintien. Au fond, rien d’étonnant vu la qualité de l’effectif, et le recrutement raté de Le Guen. Sa frilosité et son manque d’ambitions à ce niveau ont justement à l’époque dissuadés les dirigeants lyonnais de lui confier les clefs du recrutement, sinon ce ne serait pas Cris et Malouda qui auraient débarqués sur les bords du Rhône mais Bruno Carotti et Cyril Chapuis…

Aujourd’hui donc, le PSG est à-nouveau en chantier : l’équipe vient de finir respectivement 15ème et 16ème, il n’y  pas de Président défini pour la saison à venir, de même pour la question de l’entraîneur… Bref, nous sommes dans le flou total, et Paris prend déjà du retard quand ses concurrents sont déjà bien avancés sur différents chantiers.

Il serait logique dès lors de penser que Sébastien Bazin a compris que s’il veut faire une plus-value à la revente du club, il doit mettre la main à la poche et investir pour bâtir une équipe compétitive, et donc changer de stratégie. D’autant plus que les projets de reprises ne manquent pas : Ginola et les quatariotes,  Michel Moulin, Simon Tahar, Gérard Darmon… Et pourtant, qu’apprend-on dans le « Parisien » du jour ? Bazin envisage de mettre en place l’avocat de Colony Capital, Guillaume Kuperfils, par ailleurs administrateur du club, à la présidence du Paris Saint-Germain. Et Paul Le Guen serait maintenu dans ses fonctions, au poste de manager général, ce qui signifie qu’il garde la mainmise sur le recrutement !
Si ces informations s’avèrent exact, il est grand temps de remettre en question et en cause la politique de Monsieur Bazin.

Il apparait en-effet aujourd’hui impensable et incompréhensible de repartir sur les mêmes bases que les deux saisons précédentes.
Sébastien Bazin a largement vu les limites de sa stratégie, son équipe plus que moyenne a failli envoyer notre club chéri dans l’enfer de la Ligue 2 par deux fois, et il est inutile de préciser que le club ne résistera pas à une 3ème saison comme celles-ci. Les exemples Nantes et Lens viennent confirmer cette logique.

Il est donc primordial de changer de cap : Le Guen ne doit pas rester l’entraîneur, ou alors il faut lui imposer un manager, mais en tout état de cause le recrutement doit lui être retiré. Il faut un Président fort, avec une stratégie claire et fiable.

Enfin, il faut recruter du lourd, investir dans 3 à 4 gros joueurs, qui tireront l’équipe vers le haut et aideront les jeunes à se lâcher.
Beaucoup sont candidats à ces nombreux postes, mais qui sera nommé ? Qui aura à charge de ramener le Paris Saint-Germain vers des hauteurs plus propres à son standing et son histoire, que tant d’hommes tels que Francis Borelli, Luis Fernandez, Artur Jorge, Michel Denisot, Safet Susic, Raï, David Ginola, Bernard Lama, et Pauleta, ont contribués à rendre glorieuse et éternelle…

Ce sera à Sébastien Bazin d’en décider. Alors qu’il se décide et vite, mais qu’il prenne la (les) bonne(s) décision(s), autrement, son avenir à la tête du club sera urgent à étudier.

Bazin, engage toi ou casse toi !

 

   

 

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